Réforme territoriale, quels enjeux pour l'Eure-et-Loir ?

Par eurelien.fr
//  Publié le
25-09-2014
//  Mis à jour le 14-10-2014
Temps de lecture : 18 min
Réforme territoriale : quels enjeux pour l'Eure-et-Loir

Le gouvernement a initié une réforme territoriale qui prévoit une profonde réorganisation des collectivités territoriales. Création de « grandes régions », redéfinition des intercommunalités et suppression, à terme, des Départements. Si l’intention était de simplifier le « millefeuille » administratif et de générer des économies, la réforme, qui ne devrait être adoptée qu’à l’automne au Parlement, risque fort, au contraire, de conduire à une organisation plus coûteuse et à plus d’inégalités entre les territoires. 

Situé au nord de la région Centre, l’Eure-et-Loir est limitrophe de quatre régions : l’Île-de-France, la Haute-Normandie, la Basse-Normandie et les Pays de la Loire. Chacune de ces régions possède ses caractéristiques propres, et si un rattachement de l’Eure-et-Loir avec l’une d’entre elles a déjà été entendu, il n’est pas sûr que cela soit forcément profitable pour notre département. La bataille des régions a déjà commencé à l’Assemblée nationale et doit se poursuivre à l’automne au Sénat. En attendant, voici les différents scénarios qui s’imposent au territoire eurélien.

Un projet gouvernemental déconnecté des réalités

Carte de l'Eure-et-Loir au carrefour de l'Île-de-France, de la Normandie, des Pays de la Loire et de la région CentreInitialement, le Gouvernement prévoyait la fusion de la Région Centre avec le Limousin et le Poitou-Charentes. Dénoncée pour son manque de cohérence et de prise en compte des réalités territoriales, cette fusion n’a pas été retenue par l’Assemblée nationale. En effet, le 23 juillet dernier, les députés ont adopté une nouvelle carte faisant passer le nombre de régions en métropole de 22 à 13. Sur cette dernière, la Région Centre reste inchangée et conserve ses six départements constitutifs dont l’Eure-et-Loir. Un statu quo qui a au moins le mérite de ne pas mettre en péril les actions qui sont déjà mises en œuvre par le Conseil général d’Eure-et-Loir avec ses voisins proches, le Loir-et-Cher et le Loiret. Cette proximité est un atout pour développer un travail commun. Pour mémoire, depuis 2013, ces trois Conseils généraux se sont engagés dans une démarche commune de mutualisation des moyens plaçant l’innovation publique au centre d’un projet ambitieux. La création en 2013 d’Approlys, une centrale d’achats publics, en est l’exemple. En l’état, cette coopération pourrait perdurer, voire être renforcée.

L’Île-de-France : renforcer la coopération, pas l’intégration

Vue sur Paris des Hauts de ChatouSi les avantages de notre proximité géographique avec l’Île-de-France sont connus (développement économique, liaison ferroviaire, offre de loisirs…), les inconvénients le sont moins mais ils méritent l’attention. Démographiquement, le département d’Eure-et-Loir est plus petit que ceux de l’Île-de-France. Le Val-d’Oise, le moins peuplé avec 1,3 million d’habitants, est tout de même trois fois plus peuplé que l’Eure-et-Loir. La représentation des élus au sein des instances serait négligeable et ne permettrait pas de peser sur les décisions. En fusionnant avec l’Île-de-France, notre département serait soumis aux différents schémas d’organisation territoriale régionaux. Ne serait-il pas dangereux de confier à cette Région la gestion des ordures ménagères, d’accueil des gens du voyage et des compétences en matière d’habitat et d’urbanisme ? De plus, la fiscalité francilienne est plus élevée qu’en Eure-et-Loir et nécessitera des prélèvements supplémentaires pour financer les besoins du Grand Paris. Une trop grande dépendance à l’Île-de-France peut alors figurer comme une menace. La coopération avec l’Île-de-France doit être renforcée, l’intégration n’est pas souhaitable.

La Loire : bien plus qu’un fleuve ?

Candes-Saint-Martin, en Indre-et-LoireIl est important pour l’Eure-et-Loir de rester dans un cercle de départements sensiblement de même taille démographique, de tradition agricole, à la recherche d’un développement territorial équilibré, entre villes et espaces ruraux. Les régions Centre et Pays de la Loire possèdent un axe structurant commun : la Loire. Notre rattachement à une région doit absolument correspondre à des réalités humaines. La région des Pays de la Loire et ses départements (Sarthe, Mayenne, Maine-et-Loire, Vendée, Loire-Atlantique) connaît des problématiques similaires à l’Eure-et-Loir, en termes de développement économique, numérique, d’équilibre territorial entre la ville et la campagne, attractivité du territoire… Le Conseil général d’Eure-et-Loir peut envisager favorablement un rapprochement avec de tels départements afin de permettre la création d’une région dynamique regroupant des territoires ayant des caractéristiques proches.

La Normandie et sa forte identité

Granville, le port et Notre Dame CC BY-SA 3.0Comme pour chaque territoire frontalier, des échanges s’opèrent entre l’Eure-et-Loir et la Normandie. Nous avons en commun le parc naturel régional du Perche, mais c’est peu par rapport à ce que l’Eure-et-Loir a déjà initié avec ses deux autres voisins du Loiret et de Loir-et-Cher (voir plus haut). Si l’identité normande est forte, elle reste assez éloignée de la nôtre. Par ailleurs, l’Eure-et-Loir est bien mieux connecté à Paris et aux départements de la Région Centre, dont il partage le destin commun depuis près de 40 ans.
 

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